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Ubiquiti : mon réseau domestique en Unifi

Publié le 29 juillet 2026 · technologie

Dans le rack du cellier, quatre boîtiers empilés font tourner l’ensemble du réseau de la maison : en bas l’enregistreur vidéo UNVR, au-dessus l’UDM-Pro avec son disque et ses connexions, puis un switch 24 ports, et enfin un switch d’agrégation en fibre optique. Tout ce qui vient après est en Unifi — j’ai fini par standardiser complètement.

Ubiquiti et la gamme Unifi

Ubiquiti est une société américaine qui fabrique du matériel réseau : switchs, points d’accès, routeurs, caméras de surveillance, et des systèmes de liaison sans fil assez sophistiqués. Ils ont plusieurs gammes ; celle dont je parle ici, Unifi, est la gamme qu’on peut qualifier de semi-professionnelle. C’est celle qui convient à une maison un peu équipée sans basculer dans le matériel d’entreprise.

2019 : le premier système

J’ai commencé en 2019 avec une configuration en éléments séparés :

Ça a fonctionné cinq ans, et une bonne partie de ce matériel tourne encore.

2024 : l’UDM-Pro, puis l’UNVR

En septembre 2024, je suis passé à l’UDM-ProUnifi Dream Machine Professional. C’est la clé du système actuel : elle regroupe dans un seul boîtier ce qui demandait auparavant trois appareils. Le logiciel, le routeur internet et des ports de switch sont désormais réunis. Le Cloud Key et l’USG sont les deux seuls éléments que je n’utilise plus.

Il faut distinguer deux logiciels chez Unifi : celui du réseau, et celui des caméras, que Ubiquiti appelle Protect. L’UDM-Pro sait faire tourner les deux, mais Protect y est limité — de mémoire une vingtaine de caméras — parce que la machine doit assurer en même temps tout le réseau, l’enregistrement et la surveillance. C’est déjà beaucoup, mais je voulais que chaque fonction ait de la marge.

J’ai donc ajouté un UNVR de 4 To. Depuis, la répartition est nette : Protect tourne sur l’UNVR, le réseau sur l’UDM-Pro.

Le principe du mécano

C’est ce que j’apprécie le plus dans cette gamme : on ne jette rien. Les switchs, les points d’accès et les caméras achetés en 2019 fonctionnent toujours, avec les logiciels actuels. J’ai des switchs 24 ports PoE, un 16 ports PoE, et des 8 ports PoE — dont un 150 W qui accepte la fibre optique, ce qui permet de le déporter loin. On ajoute, on déplace, on reconfigure, sans avoir à revendre ce qui ne sert plus.

Côté points d’accès, j’ai plusieurs générations en service, sous différents formats. Les U7, les plus récentes, je ne les ai pas encore.

Les caméras

Les G3 d’origine tournent toujours, à côté de G4 et de G5, là encore sous différents formats. Deux ajouts récents méritent d’être signalés :

Grille des caméras dans le logiciel Protect

La grille de Protect : chaque caméra avec sa dernière image, son modèle, son adresse et sa dernière activité.

Adopter une caméra : la G5 Flex en direct

L’ajout d’un équipement est le point où Unifi montre sa cohérence. Je branche une G5 Flex : une fenêtre s’ouvre dans le logiciel réseau pour signaler qu’un équipement a été détecté.

Liste des équipements Unifi avec la notification d'ajout de la G5 Flex

La notification apparaît en haut à droite de la liste des équipements : « Ready to Add: G5 Flex ».

Je clique sur Adopter, le système bascule vers Protect, me redemande confirmation, et c’est fini — la caméra est adoptée, le voyant passe au bleu, elle enregistre déjà. La qualité est bonne d’emblée, avec un léger décalage.

Un détail qui amuse ceux qui suivent les versions : son firmware est en 4.59, alors que toutes mes autres caméras sont en 4.57.35. C’est normal pour un produit qui vient de sortir. J’ai fini par tenir un petit carnet pour m’y retrouver — il y a eu tellement de versions qu’à un moment j’étais perdu.

Régler une caméra

Une caméra arrive presque toujours configurée en enregistrement permanent. Je la passe systématiquement en détection, sans calendrier, avec notifications sur les mouvements. Mes réglages habituels :

Restent les zones. Sur cette caméra je laisse le champ entier, mais on peut découper : ne pas surveiller un côté précis, par exemple, ce qui est précieux en extérieur quand des buissons déclenchent au moindre coup de vent. On peut aussi définir une zone privée, masquée à l’enregistrement — pour une portion de rue qui entrerait dans le champ, et rester dans les clous des réglementations locales et nationales. Ce n’est pas un détail : une caméra qui filme la voie publique pose un vrai problème légal.

Deux fonctions sont apparues avec cette génération et n’existaient pas sur mes autres caméras : la smart detection zone et le crossing line, qui déclenche quand un mouvement franchit une ligne qu’on a tracée soi-même. Utile quand on veut être prévenu d’un passage précis plutôt que de tout mouvement.

Pour l’incrustation, je garde l’heure et le nom de la caméra. Le logo Unifi, non. Le nerd mode, qui ajoute le détail technique de l’encodage, non plus.

L’architecture : de la Livebox au carport

Le point de départ est une fibre Orange. Je suis passé récemment chez Sosh — qui reste Orange — avec 400 Mb/s symétriques. Avant, j’étais en 1 Gb/s en descente et 600 Mb/s en montée ; j’ai gardé cette offre un an, parfaitement fiable.

La Livebox 5 reçoit la fibre, et l’UDM-Pro s’y raccorde par son port WAN. À partir de là, tout est Unifi.

J’assume un double NAT : adresse publique sur la Livebox, adresse privée derrière, puis mon domaine privé. Ce n’est pas l’idéal en théorie, mais c’est de loin le plus simple, et je n’ai aucune raison de m’en priver — ça marche très bien. Sortir la box pour raccorder l’UDM-Pro directement serait techniquement bien plus compliqué. La Livebox ne fait plus grand-chose : on peut la configurer pour qu’elle s’efface presque complètement — elle ne propose pas un vrai mode bridge comme une Freebox, mais on s’en approche. C’est l’UDM-Pro qui porte le pare-feu, la détection et la prévention d’intrusion, et c’est là que se trouve la puissance.

Derrière l’UDM-Pro, un switch d’agrégation distribue plusieurs branches en fibre optique vers les différents points de la propriété : le garage, la terrasse, le carport. Dans le garage, un second switch d’agrégation reprend le relais vers de plus petits switchs. Les points d’accès et les caméras se raccrochent à ces switchs, avec un 24 ports à l’étage qui alimente sa part.

Ce câblage n’est pas venu tout seul : il a été tiré lors de l’installation photovoltaïque, quand j’ai profité des travaux dans le cellier pour remettre à niveau tout le réseau data — passage en Cat7, fibre entre le cellier et le garage, et racks 19″ aux deux extrémités.

Le tableau de bord

L’interface a beaucoup évolué et je la trouve arrivée à un très bon niveau. En arrivant, je vois l’état complet du système : 1 passerelle, 11 switchs, 11 points d’accès, 29 caméras et 55 clients. Ce dernier chiffre monte vite dès qu’on a beaucoup de petits équipements qui communiquent.

Le test de débit est intégré à l’UDM-Pro. Je le lance chaque matin automatiquement, et je retrouve bien mes 400 Mb dans les deux sens. Le tableau affiche la consommation mensuelle — 367 Go depuis le début du mois — l’activité courante, et les temps de réponse vers Microsoft, Google et Cloudflare. Un test à la demande passe par nPerf France : 7 ms de latence, 400 Mb confirmés, fournisseur d’accès à 100 %.

Tableau de bord Unifi : équipements, consommation mensuelle, test de débit et santé du réseau

Le tableau de bord : à gauche l’inventaire et le dernier test de débit, à droite l’activité internet et la santé du WiFi.

Une vue donne la qualité de couverture WiFi point d’accès par point d’accès. En dessous de 70, ça commence à se dégrader. Un seul coin approche ce seuil — l’étage et la terrasse — et un point d’accès m’y suffit largement.

La vue de connectivité trace le chemin complet, d’Orange à l’UDM-Pro, puis au switch d’agrégation, puis au garage, au cellier et à la terrasse Sud. Elle a été longtemps approximative, avec des équipements manquants et des mises à jour en retard ; c’est aujourd’hui nettement plus fiable.

Vue de topologie du réseau Unifi, d'Orange jusqu'aux points d'accès

La topologie : Orange à gauche, puis l’UDM-Pro, les switchs d’agrégation, et les branches vers le garage, le cellier, le carport et les terrasses.

Devices, clients et VLAN

L’onglet Devices liste tous les équipements Unifi, triables comme on veut — par adresse IP dans mon cas. On descend dans chacun pour vérifier son fonctionnement et l’occupation de ses ports : sur mon switch d’agrégation, 6 ports utilisés, 2 libres. Le port manager permet ensuite d’agir port par port, notamment pour affecter des VLAN.

Liste détaillée des équipements Unifi avec modèle, version, adresse IP et consommation

La liste complète des équipements, avec pour chacun le modèle, la version logicielle, l’équipement parent et la bande passante consommée.

L’onglet Clients montre la même chose côté usage : les adresses fixes d’abord — le NAS Synology en fait partie — puis la plage DHCP dynamique.

J’ai créé plusieurs VLAN selon la nature des équipements. Tous les petits objets connectés qui réclament une adresse IP et bavardent en permanence, comme la Fire TV, vont dans un VLAN dédié. Un autre VLAN est réservé à ce qui est à l’extérieur, notamment ma station météo.

S’y ajoutent une vue des ports de tous les équipements, une analyse WiFi filtrable en 2,4 ou 5 GHz, et une lecture des protocoles internet les plus utilisés avec le client correspondant — la Tesla, l’Apple TV, la Fire TV, l’iPhone, le Mac.

Protect au quotidien

Côté caméras, une partie de mes G3 les plus anciennes a été recyclée pour surveiller l’installation solaire. Quand il y a une tempête, ça me permet de vérifier que tout est en place. En principe je n’ai rien à craindre, c’est bien fixé, mais autant regarder.

Vue d'une caméra pointée sur les panneaux solaires du carport

Une G3 recyclée surveille les panneaux du carport. C’est utile après une tempête.

Le reste couvre la porte d’entrée, vue de l’intérieur et de l’extérieur, et l’accès à l’étage.

Les détections peuvent se trier par catégorie, y compris les animaux. C’est là qu’on retrouve Pablo, le chat roux du voisin, qui a fini par nous adopter. Il était chez nous en permanence — je crois qu’il appréciait le calme de la maison. Il dort dehors, et à cinq heures du matin il est déjà devant la porte à attendre qu’on lui ouvre pour venir manger. Il entre, il sort, il fait à peu près ce qu’il veut. Nous partons souvent, et il finit toujours par revenir après quelque temps.

Le chat gris, lui, est l’intrus. Il cherche à prendre le territoire de Pablo, il est plus costaud que lui, et il l’a déjà blessé — assez sérieusement pour qu’il faille emmener Pablo chez le vétérinaire. Les enregistrements de nuit sont souvent la façon dont on apprend qu’ils se sont croisés.

Détections filtrées sur la catégorie animal dans Protect

Le filtre « Animal » de Protect. Une bonne partie de l’activité détectée autour de la maison se résume à Pablo et à son rival.

Bilan après cinq ans

Cinq ans sur la même gamme, avec du matériel de 2019 qui tourne encore aux côtés du plus récent, des logiciels passés de la version 2 à la version 4 en gagnant à chaque fois en fonctionnalités, et une seule interface pour le réseau comme pour la vidéosurveillance. C’est du matériel qu’on fait évoluer par ajouts successifs plutôt que par remplacements, et c’est exactement ce que je cherchais.

La suite

Nous avons depuis vendu la maison, et l’ensemble des équipements réseau a été repris par l’acheteur. C’est cohérent : les fibres sont tirées dans les murs et sous les terrasses, les switchs sont en rack, les caméras et les points d’accès sont fixés. Démonter tout ça n’aurait eu aucun sens.

Ubiquiti prévoit une procédure pour ce cas, le transfert de propriété, qui permet de céder la console et les équipements au nouveau propriétaire sans avoir à tout réinitialiser.

Restait le point sensible : les enregistrements. Une installation Protect accumule des mois de vidéo de la maison, de ses abords et des allées et venues de ceux qui y vivent. Ce sont des données personnelles, et elles n’ont rien à faire entre les mains de l’acheteur. J’ai reformaté l’ensemble des disques de Protect le jour de la vente, avant de céder les clés. C’est une étape à ne pas oublier quand on vend une maison équipée en vidéosurveillance.

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