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Dix ans de violence en Thaïlande

Publié le 15 août 2026 · société

Route 4 à Hua Hin, un après-midi de semaine

Le 7 août, un garçon de quatorze ans a tué huit personnes dans son collège de Nonthaburi, en banlieue de Bangkok.

Trois semaines plus tôt, le 22 juillet, une dizaine d’hommes armés attaquaient un poste de contrôle à Narathiwat, dans le sud du pays. Cinq soldats tués, six civils blessés dont deux enfants.

Entre les deux, début août, on retrouvait près de Pattaya les corps de Diana Nazimova, une Russe de 22 ans, et de son frère Roman, 17 ans. Puis ceux d’une famille thaïe de trois personnes, enterrés à côté. L’auteur présumé était sorti de prison sept semaines plus tôt ; il aurait tué pour voler des motos. Cette affaire-là a choqué tout le monde, étrangers et Thaïlandais. La mère des victimes est venue remercier les Thaïs lors d’un mémorial à Chonburi, le premier ministre a parlé d’un crime qui abîme la réputation du pays, et un ancien vice-premier ministre, également ancien ministre de la Justice, a demandé que les exécutions reprennent dès qu’une condamnation à mort devient définitive. La Thaïlande n’en a pratiqué aucune depuis neuf ans.

J’ai voulu connaître les données chiffrées — avec l’aide de Claude, nous avons cherché les chiffres pour la Thaïlande et la France. Les sources sont annotées en bas de page. Quatre mesures de mortalité violente en Thaïlande, chacune comparée à la France. Celles dont on parle le plus sont celles qui tuent le moins. Les deux pays mesurent aussi le sentiment d’insécurité. Il ne suit pas la courbe des homicides — ce qui ne veut pas dire qu’il est sans objet.


I. L’ordre de grandeur

Sur les routes thaïlandaises, il meurt une cinquantaine de personnes par jour. Sur les routes françaises, une dizaine — pour presque autant d’habitants. C’est le plus grand écart entre les deux pays, et il ne porte sur aucune des violences dont on parle d’habitude. Meurtres, attentats, fusillades, guerre du Sud : tout cela réuni ne pèse qu’un huitième des morts de la route thaïlandaise.

1 · Ce qui tue tous les jours — axe de 0 à 30 morts pour 100 000 habitants

La route thaïlandaise tue cinq fois plus que la route française, et dix fois plus que tous les meurtres de Thaïlande réunis. C’est le seul écart vraiment massif entre les deux pays — sur les homicides, ils sont presque au même niveau.

2 · Ce qui tue par à-coups — axe de 0 à 0,5, soixante fois plus fin que ci-dessus

La guerre oubliée du Sud thaïlandais tue treize fois plus que le terrorisme en France et vingt-quatre fois plus que les fusillades dont on parle. Et pourtant : l’insurrection du Sud tue en un an ce que la route thaïlandaise tue en une semaine.

Attention au changement d’échelle entre les deux graphiques. Mis bout à bout : la route thaïlandaise tue 1 400 fois plus que les tueries de masse thaïlandaises.

Les mêmes grandeurs en nombre de morts, pour des populations comparables — 72 millions d’habitants en Thaïlande, 68 en France :

Thaïlande France
Route ≈18 000 par an 3 432 en 2024
Homicides ≈1 800 par an 976 victimes en 2024
Violence politique ≈320 par an (insurrection du Sud) ≈23 par an (attentats islamistes)
Tueries de masse ≈13 par an

II. Les homicides, depuis 1990

Taux d’homicide pour 100 000 habitants. Thaïlande : Banque mondiale jusqu’en 2011, puis compilations UNODC — les pointillés marquent les années sans donnée publiée, pas des valeurs estimées. France : SSMSI, série continue

En 1990, la Thaïlande tuait quatre fois plus que la France. En 2024, deux fois plus. Le taux thaïlandais a été divisé par quatre en une génération.

Attention au piège de lecture, celui que reprennent tous les commentaires en ce moment. Comparer 2024 à 2021 donne une hausse de 40 %. Mais 2021, c’est la Thaïlande fermée, sans touristes, sous couvre-feu — l’année la plus calme jamais enregistrée dans ce pays. Comparée à 2016, la même année 2024 est une amélioration de 19 %. Côté français, la remontée depuis 2020 est réelle mais ramène seulement au niveau de 2011. Le pic français de 2015 contient les attentats de janvier et de novembre.

Un détail que je n’attendais pas : la France compte 19,6 armes à feu pour 100 habitants, la Thaïlande 15,1. Même source, même année. La Thaïlande est championne d’Asie du Sud-Est, mais la France en a davantage. Le stock d’armes n’explique donc pas l’écart de violence armée entre les deux pays.


III. La route, la seule hécatombe

Morts sur la route pour 100 000 habitants, chiffres officiels des deux pays divisés par la population. Seules les années disponibles sont tracées : les traits pleins relient des points espacés, ils n’interpolent rien

Un Thaïlandais a environ quatre à cinq fois plus de risques de mourir sur la route qu’un Français, et dix fois plus de risques d’y mourir que d’être assassiné chez lui. Environ 84 % de ces morts sont à moto.

Les chiffres sont contestés : pour 2021, les estimations concurrentes vont de 7 000 à 22 000 morts en Thaïlande, selon que le décès survenu à l’hôpital est rattaché ou non à l’accident.

Les morts baissent, les blessés graves non

Compter les morts est commode : le critère est net et personne ne le conteste. Mais il ne dit qu’une partie de ce qui se passe sur une route, et la France publie de quoi le vérifier.

France 2024
Tués 3 432 (contre 4 120 en 2010)
Blessés graves 16 000 (≈18 000 par an sur 2010-2019, en hausse ; 16 600 en 2025)
Blessés, tous degrés ≈236 000

Les deux courbes ne vont pas ensemble : la mortalité descend, les blessures graves stagnent et repartent à la hausse. Deux explications se cumulent, et aucune n’est rassurante. La médecine d’urgence transforme en blessé grave ce qui faisait un mort. Et la composition du trafic change : piétons, cyclistes, trottinettes et deux-roues font 45 % des tués mais 66 % des blessés graves. Ce sont des accidents qu’on survit plus souvent qu’un choc frontal en voiture.

Côté thaïlandais, l’ordre de grandeur est autrement plus lourd : le ministère de la Santé recense 1 170 708 blessés graves entre 2018 et 2022, soit environ 234 000 par an. Les accidents de la route coûteraient au pays près de 7 % de son PIB.

Deux mises en garde. Les deux chiffres de blessés graves ne se comparent pas : la France applique un critère médical précis, le décompte thaïlandais est un comptage hospitalier plus large. Et surtout, ni l’un ni l’autre pays ne publie le nombre de personnes qui gardent un handicap permanent. Côté thaïlandais on trouve un coût unitaire — 4,8 millions de bahts par handicap définitif — qui suppose bien un dénombrement quelque part, mais que personne ne rend public.


IV. Tueries de masse, attentats, insurrection

Une tuerie de masse et un attentat sont le même acte : un ou deux individus, des armes, beaucoup de morts en quelques minutes. Le mobile change, pas le décompte. Les séparer reviendrait à choisir ce qu’on compte selon ce qu’on veut démontrer.

Morts par an, victimes seules — l’auteur n’est pas compté. France : décompte Le Figaro / DGSI des attentats islamistes, 274 morts entre mars 2012 et décembre 2023. Thaïlande : liste AP des fusillades marquantes depuis 2020, 88 morts. Les deux séries ne couvrent pas les mêmes années

Huit épisodes thaïlandais en sept ans :

Date Lieu Morts Auteur
9 janv. 2020 Lopburi 3 directeur d’école, 38 ans
8 févr. 2020 Nakhon Ratchasima 29 militaire, 32 ans
6 oct. 2022 Nong Bua Lamphu 37 ex-policier, 34 ans
23 mars 2023 Phetchaburi 3 homme, siège de 14 h
3 oct. 2023 Bangkok, Siam Paragon 2 garçon, 14 ans
28 juil. 2025 Bangkok, Or Tor Kor 5 homme, rancune personnelle
11 févr. 2026 Hat Yai 1 garçon, 17 ans
7 août 2026 Nonthaburi 8 garçon, 14 ans

Deux années sur sept sont à zéro — et une seule journée, le 6 octobre 2022 à Nong Bua Lamphu, pèse 42 % du total.

Ce qui a changé côté thaïlandais n’est pas le volume, c’est l’âge. Les trois dernières tueries sont le fait de mineurs — 14, 17 et 14 ans. Les deux premières, d’hommes de trente ans en rupture professionnelle.

Le conflit qu’on ne compte jamais

Depuis janvier 2004, l’insurrection séparatiste des trois provinces du Sud — Pattani, Yala, Narathiwat — a fait environ 7 000 morts. C’est vingt-cinq fois le bilan du terrorisme islamiste en France sur une période comparable, et quatre-vingts fois celui des tueries de masse thaïlandaises.

Le décompte exact dépend de qui compte : 5 999 morts pour le comité mixte police-armée-administration qui certifie les indemnisations (10 116 incidents, 3 661 civils, 2 338 membres des forces de l’État, janvier 2004 à décembre 2025), mais 7 000 à 7 700 dans les dépêches d’agence et les décomptes universitaires, qui incluent les insurgés tués et les cas non indemnisés. L’écart entre les deux — près de deux mille morts — est lui-même une information.

Morts par an dans l’insurrection du Sud thaïlandais. Chiffres officiels vérifiés, janvier 2004 à décembre 2025. Seules les années publiquement citées sont tracées

Et ça continue. Le 22 juillet 2026 au soir, une dizaine d’hommes en noir, arrivés en pick-up et à moto, ont attaqué le poste de contrôle de Bukeh Sami, dans le district de Ra-ngae à Narathiwat. Armes à feu et bombes artisanales : cinq rangers tués, six civils blessés dont deux enfants, et trois AK-47, trois gilets pare-balles et trois téléphones emportés. Le premier ministre Anutin Charnvirakul a parlé d’attaque terroriste. C’était trois semaines avant la fusillade scolaire de Nonthaburi.

C’est l’omission qui m’a sauté aux yeux en construisant cette page. On parle des fusillades thaïlandaises parce qu’elles surviennent là où vont les touristes, et pour le Sud — 7 000 morts en vingt-deux ans, à trois heures de route de Hat Yai. Le conflit le plus meurtrier des deux pays est aussi le seul dont on ne connaît pas précisément le bilan.


V. L’escroquerie en ligne, le crime qui monte vraiment

Il y a dix ans l’escroquerie en ligne était invisible. C’est devenu en une décennie le premier crime thaïlandais en nombre de victimes. Environ 277 000 affaires par an, et un préjudice de près d’un milliard d’euros.

Un crime qui ne fait pas de morts mais qui détruit des vies.

Thaïlande France
Victimes d’escroquerie ≈277 000 par an 411 700 en 2023 (250 900 en 2016)
Pour 100 000 habitants 386 605
Préjudice ≈800 M€ par an 4,5 Md€ en 2023 (2,3 en 2016)

Et là, le rapport s’inverse. La France enregistre plus de victimes d’escroquerie que la Thaïlande, et un préjudice six fois plus lourd par tête. Avec la même réserve que partout ailleurs : la France dispose d’une plateforme de plainte en ligne et d’un service statistique qui compte depuis 2016, la Thaïlande enregistre depuis 2022. Une partie de l’écart mesure la qualité du guichet, pas celle des escrocs.

Les deux pays ont vu apparaître en une décennie un crime de masse qui ne laisse ni corps ni trace dans la rue.

Reste la drogue, qui n’a pas d’équivalent français. La Thaïlande a saisi 130 tonnes de méthamphétamine en 2024, premier pays de la région à dépasser les 100 tonnes en un an, et un milliard de comprimés de yaba. La production du triangle d’Or a changé d’ordre de grandeur depuis le coup d’État birman de 2021. C’est le lien discret entre les courbes : la plupart des violences ordinaires de province — les règlements de comptes, les tirs de fête de village — ont probablement un dossier drogue quelque part.


VI. Ce qui est compté, et ce qui ne l’est pas

En France, le taux d’homicide a baissé de 44 % depuis 1990. Et depuis 2007, première année où la peur est mesurée, la part des Français qui citent l’insécurité en tête de leurs préoccupations est passée de 15 à 25 %.

Ce qui est compté — taux d’homicide français pour 100 000 habitants, 1990-2024 (SSMSI)

Ce qui est ressenti — part des Français citant l’insécurité en tête de leurs préoccupations. Enquêtes Cadre de vie et sécurité (2007-2021) puis Vécu et ressenti en matière de sécurité (depuis 2022). Cercle plein = valeur publiée ; cercle pâle = valeur relevée sur la courbe. Rupture méthodologique en 2022

Les échelles n’ont rien à voir, c’est pourquoi les deux graphiques sont séparés plutôt que superposés sur deux axes. La mortalité routière française, elle, suit la même pente que les homicides : 18 034 morts en 1972, 3 432 en 2024, divisée par cinq.

En 2020, Éric Dupond-Moretti, alors garde des Sceaux, répondait à Gérald Darmanin qui parlait d’« ensauvagement » : « L’ensauvagement est un mot qui développe le sentiment d’insécurité. » Il attribuait ce sentiment aux difficultés économiques, au Covid et aux chaînes d’info en continu.

Les chiffres lui donnent partiellement raison, et partiellement tort. Raison sur les homicides. Tort sur le reste : les coups et blessures volontaires enregistrés passent de 222 pour 100 000 en 2003 à 633 en 2024, les violences sexuelles de 43 à 145. Une part vient d’un durcissement de la loi et d’une hausse du signalement. Pas toute.

En Thaïlande, le même écart mais vu autrement

Il n’existe pas de série thaïlandaise équivalente : personne n’y mesure la peur année après année. Ce qu’on a est une photographie — l’Institut thaïlandais de la justice a interrogé 8 445 personnes dans dix provinces en 2018.

Elle ne montre donc pas la même chose que les courbes françaises. Celles-ci opposent deux évolutions sur dix-sept ans ; l’enquête thaïlandaise, elle, compare dix provinces au même moment. L’écart y apparaît dans l’espace au lieu d’apparaître dans le temps : les provinces où l’on se sent le moins en sécurité ne sont pas celles où l’on est le plus souvent victime.

À l’échelle du pays, 78,4 % des personnes interrogées disent se sentir en sécurité en marchant seules la nuit dans leur quartier — 96,5 % en journée, 87 % seules chez elles la nuit. Et 4,1 % se déclarent victimes d’une infraction sur l’année écoulée : 336 personnes sur 8 179, dont 259 pour de simples atteintes aux biens et 38 pour une atteinte à l’intégrité physique. La moyenne nationale est rassurante ; c’est sa répartition qui ne l’est pas.

Province Ce qu’on ressent Ce qu’on subit
Khon Kaen (district de Mueang) 59,7 % se sentent en sécurité la nuit — le plus bas des 22 districts enquêtés victimation faible
Nakhon Si Thammarat population qui se déclare en sécurité 2ᵉ taux de victimation sur dix
Phuket même sentiment de sécurité qu’ailleurs 3ᵉ taux de victimation sur dix

Le quartier de Khon Kaen en question est plein de logements étudiants et de vie nocturne, et les auteurs y relèvent une absence de vie de voisinage. Une peur qui vient de l’anonymat, pas du risque.

Les deux provinces où l’on risque le plus sont celles où l’on craint le moins. L’une des deux mesures suit une évolution sur dix-sept ans, l’autre compare dix provinces à un instant donné. Aucune des deux ne trouve de lien entre la peur et le taux d’homicide. C’est un résultat sur ce que ces enquêtes mesurent — pas une preuve que la peur serait sans fondement. Ce qui la nourrit est peut-être ailleurs, dans ce qu’aucun de ces indicateurs ne compte.

Trois limites, dont deux que les auteurs posent eux-mêmes. L’enquête date de 2018 et n’a pas été refaite : elle est antérieure aux fusillades de 2022 et de 2026 et à la vague d’escroqueries en ligne, elle mesure l’état d’avant. Le rapport ne publie aucun tableau chiffré par province — il donne un pourcentage de district et des rangs, repris ici tels quels plutôt que d’inventer des valeurs. Et surtout, les auteurs préviennent que « le taux de victimation doit être utilisé avec prudence » : le questionnaire a été construit pour mesurer la peur, pas la victimation.


VII. Ce que deviennent les plaintes

Il y a un chaînon entre le compté et le ressenti, et il explique une bonne part de l’écart : porter plainte ne mène presque jamais à un procès. En 2024, les parquets français ont traité 4 219 463 affaires.

Ministère de la Justice, Références statistiques Justice*, édition 2024*

Sept affaires sur dix sont jugées non poursuivables — mais dans les deux tiers de ces cas, l’auteur n’a simplement jamais été identifié. C’est un échec d’enquête, pas une décision de classement.

La part réellement discrétionnaire est plus petite, et elle n’est pas nulle : sur le million d’affaires poursuivables, le taux de réponse pénale est de 82,9 %. Les 17 % restants — environ 203 000 affaires par an — sont classées parce que le parquet juge la poursuite inopportune. Sur les violences conjugales, une étude conjointe Intérieur-Justice portant sur 2018-2023 établit que 42 % des affaires sont classées sans suite.

En Bretagne, le parquet général de Rennes a recensé 3 870 procédures pour violences sexuelles sur mineurs, dont 2 000 en cours pour la seule Ille-et-Vilaine. Le ressort compte 5,1 juges d’instruction par million d’habitants, soit un déficit de quinze postes.

Côté thaïlandais, la question n’a pas de réponse

Il n’existe pas d’équivalent publié du classement sans suite. Ce qui existe à la place dit exactement l’inverse : la police royale thaïlandaise revendique 93 % d’élucidation, 479 516 affaires résolues sur un peu plus de 500 000 enregistrées en 2024.

Mais la France en enregistre 4,2 millions pour 68 millions d’habitants, soit environ 6 200 affaires pour 100 000 — contre 700 en Thaïlande. Neuf fois moins. Ces deux nombres ne se comparent pas, et c’est tout le propos : le chiffre français agrège tout ce qui remonte aux parquets, le thaïlandais ne compte que les affaires ouvertes par la police. La justice thaïlandaise n’abandonne pas les plaintes : elle ne les reçoit pas. Un taux d’élucidation de 93 % sur un entonnoir neuf fois plus étroit ne mesure pas l’efficacité, il mesure la sélection à l’entrée.

Deux mécanismes expliquent cette étroitesse. La transaction : une large part des infractions thaïlandaises sont compoundable — coups, escroquerie, diffamation, abus de confiance, certaines infractions sexuelles. Victime et mis en cause peuvent convenir d’une indemnisation, et le paiement éteint l’action publique ; l’affaire disparaît avant d’être une statistique. Le non-signalement : documenté par les Thaïlandais eux-mêmes, une enquête nationale de victimation tourne depuis 2008 précisément pour mesurer ce « chiffre noir ».

Ce que les chiffres ne comptent pas

Un exemple qui ne figure dans aucune statistique. Dans mon village breton, bord de mer, très calme, plusieurs voisins ont été cambriolés. Dans la plupart des cas, aucune suite. Une autre connaissance constate des vols à la campagne sur ses outils de travail, les gendarmes ne se sont pas déplacés pour récupérer les images de vidéosurveillance. Alors les gens ont cessé de porter plainte, ils perdent la confiance dans le système.


Réserves de méthode


Sources

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