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Une météo professionnelle à domicile

Publié le 17 avril 2024 · technologie

Mise à jour du 25 octobre 2026 : la maison de Kerroch est vendue. La station est restée sur place, avec l’acheteur, et je l’ai déconnectée de tous les sites, publics comme privés. Les liens vers les données en direct ne répondent donc plus et cet article est devenu le récit de ce qui a tourné pendant trois ans. Pendant toute cette période, les publications vers Wunderground, PWS Weather, Awekas, WoW et Météo Bretagne ont fonctionné sans une seule interruption.

Je me suis passionné ces dernières années pour les observations météorologiques. J’ai choisi la station Vantage Pro 2 de Davis Instrument réputée pour sa fiabilité. J’ai choisi de l’installer sur mon toit terrasse par commodité (très facile d’accès et pas d’obstacle environnant proche). J’ai fait évoluer la configuration en y ajoutant des capteurs UV et Rayonnement solaire puis un module Airlink (toujours de Davis Instrument) pour la mesure de la qualité de l’air (PM1, PM2.5 et PM10 et AQI USA et NowCast). Toutes les observations étaient transmises par un module Weatherlink Live, et sur la fin par la nouvelle console Weatherlink, vers le site Weatherlink de Davis Instrument.

En 2024, j’ai installé un Raspberry PI4 avec l’application Weewx5 puis une mise à jour en Weewx 5.1. J’ai ré-utilisé l’ancienne console de Davis avec son data-logger pour capturer en local sur le PI4 toutes les observations météo et de qualité de l’air, ce qui me rendait indépendant du cloud de Davis. Ces données en temps réel étaient publiées sur une page dédiée. La station émettait ses données toutes les 2,5 secondes environ. J’ai choisi le skin Belchertown pour la présentation des données et l’extension weewx/airlink pour l’intégration des données relatives à la qualité de l’air.

Côté matériel, le Raspberry Pi 4 (4 Go de RAM) était installé dans un boîtier Argon ONE M.2, avec un SSD SATA de 130 Go connecté en USB plutôt qu’une carte SD — plus fiable dans la durée. Il tournait dans mon garage, à côté de l’ancienne console, à 40-50 m de l’ISS sur la terrasse : je n’ai jamais eu de perte de données côté Raspberry, contrairement à la console de la cuisine qui souffrait parfois de la dalle béton. Après 2 ans de fonctionnement continu, l’utilisation est restée très raisonnable : environ 500 Mo de RAM sur les 4 Go disponibles, 5 % de CPU maximum, et une base de données SQLite qui grossissait d’environ 160 Mo par an (15 Mo au démarrage, 157 Mo après un an) — de quoi tenir plusieurs décennies avant saturation. Côté budget, comptez environ 54 € pour le Raspberry Pi 4 (modèle B, 4 Go) et 45 € pour le boîtier Argon ONE M.2 — un investissement modeste. Et pour la marge de sécurité côté base de données : SQLite peut théoriquement encaisser 400 à 500 000 requêtes HTTP par jour et grossir jusqu’à 281 To, donc à 160 Mo par an, aucun souci à l’horizon d’une vie entière.

En plus du skin Belchertown et de l’extension weewx/airlink, j’ai aussi essayé l’extension Envoy pour croiser mes données météo avec la production de mon système solaire Enphase, sans succès — la base ne se mettait pas à jour, sans que j’aie identifié si le problème venait de mon installation ou d’une extension plus très maintenue. Je n’aurai pas eu le temps d’aller au bout.

L’installation elle-même reste assez simple, même si ça demande un peu de rigueur : flasher Raspberry Pi OS 64 bits sur une carte SD, faire les mises à jour système, activer le VNC et forcer l’ordre de boot sur USB, puis cloner la carte SD sur le SSD avant de démarrer dessus définitivement — bien plus fiable qu’une carte SD sur la durée. Ensuite, installation de Nginx pour le serveur web, puis de WeeWX via son script d’installation officiel, en renseignant le nom de la station, ses coordonnées et son altitude. Seul vrai blocage rencontré : l’utilisateur weewx n’avait pas accès au port série USB de la console (/dev/ttyUSB0) — il a fallu l’ajouter au groupe dialout du système pour que la collecte démarre.

L’installation du skin Belchertown, développé par Pat O’Brien, se fait via la commande weectl extension install en pointant directement vers l’archive du dépôt GitHub (la syntaxe a changé par rapport aux anciennes versions de Weewx, qui utilisaient wee_extension --install). Une fois installé, il faut redémarrer le service Weewx pour que le rapport soit généré — il vient s’ajouter au rapport standard « Seasons » sans le remplacer, dans un sous-dossier belchertown — puis modifier la configuration Nginx pour pointer vers ce sous-dossier et redémarrer le serveur web. Le résultat était vraiment plus soigné : graphiques nettement plus grands, widget radar Windy positionné automatiquement selon les coordonnées GPS de la station, mode sombre, page « About »… Belchertown peut aussi afficher des prévisions via l’API Aeris, à condition d’avoir un compte PWS Weather et d’obtenir une clé après quelques jours de publication — une option que je n’ai jamais activée. J’avais prévu de creuser l’architecture que Pat O’Brien utilise sur son propre site : un broker MQTT qui synchronise les données entre son Raspberry Pi et son hébergement externe, ce qui aurait permis d’avoir une vraie page météo en temps réel plutôt qu’une description statique. Je n’en aurai pas eu l’occasion.

Cette application Weewx5 me permettait également de publier les observations météo de Kerroch sur les sites météo connus : Wunderground, PWS Weather, Awekas, WoW et, pour finir, le site de l’association Météo Bretagne (géré par Meteo Concept). Ces sites publient également les données à travers des applications smartphones iOS et Android. Tout cela a fonctionné sans un raté pendant trois ans. Tout se pilotait depuis le fichier de configuration weewx.conf : chaque service a sa propre section, avec un simple Enable = True et les identifiants du compte créé sur le site en question — Weewx se charge ensuite lui-même d’envoyer les données. Ma station apparaissait aussi sur la carte des stations Weewx (weewx.com), qui recense environ 1 900 stations dans le monde ; il y en a assez peu en Bretagne, et rarement des Vantage Pro. Parmi tous ces sites, mes deux préférés sont restés Wunderground — qui attribue un niveau de confiance croissant à mesure que la station publie sans interruption, j’étais au niveau maximum — et PWS Weather, tous deux avec une présentation soignée et complète. Awekas et le site du Met Office (WOW) fonctionnaient bien aussi, mais avec une interface que je trouvais plus confuse.

Le village de Kerroch se trouve en bord de mer dans la commune de Ploemeur. Pendant toutes ces années, la station Vantage Pro a résisté à l’usure des brises salines, des tempêtes et des coups de vent.

Pour la présentation générale du matériel et le récit complet de l’installation (en vidéo), voir Présentation et installation de ma station météo Vantage Pro 2.

Historique:

village de Kerroch - commune de Ploemeur - Morbihan. Le petit port et sa plage de sable fin.

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