Présentation et installation de ma station météo Vantage Pro 2
Voilà maintenant 3 ans que ma station météo tourne sur ma toiture terrasse, à Kerroch. L’occasion de reprendre tout depuis le début : ce qu’il y a dans une station Vantage Pro 2 de chez Davis Instrument, comment les données remontent jusqu’au cloud Weatherlink, comment je l’ai montée, et à quoi ressemblent les applications web et iPhone une fois tout branché. Pour le détail de ma configuration locale avec WeeWX et le skin Belchertown, voir l’article Observations Météo avec la station Vantage Pro 2 — ici je me concentre sur la présentation générale et l’installation.
Ce qu’il y a dans le boîtier
La station s’appelle la Vantage Pro 2, chez Davis Instrument (société américaine). Elle est composée d’un module qu’on appelle l’ISS (Integrated Sensor Suite) : un anémomètre monté sur un petit mât, qui donne la direction et la vitesse du vent, et un boîtier qui regroupe le pluviomètre, les capteurs de température et d’humidité, et un compartiment électronique avec un petit panneau solaire pour l’alimentation. Pas besoin de tirer le moindre câble électrique : ça fonctionne uniquement à l’énergie solaire, avec des piles en secours.
L’ISS communique en radio, sur la bande des 868 MHz environ, avec une antenne intégrée. En configuration de base on a donc quatre mesures : vent, pluie, température, humidité. On peut ensuite ajouter deux petits modules complémentaires qui viennent se clipser sur le dessus du boîtier : un capteur UV et un capteur de rayonnement solaire (en W/m²) — c’est ce que j’ai fait.
Console, WeatherLink Live et le cloud : comment les données remontent
La station ne sert à rien toute seule : il faut aussi un moyen de récupérer et stocker les données. Elle est donc vendue en bundle avec une console. Il en existe deux générations : l’ancienne, avec plein de boutons et une antenne externe, et une nouvelle version plus moderne dont l’antenne est intégrée. Les deux reçoivent les données de l’ISS de la même façon et les affichent en direct — température, vent, pluie, pression, avec un petit repère qui clignote à chaque réception (toutes les 2 à 5 secondes environ).
En complément, j’ai aussi le WeatherLink Live : un boîtier tout simple, alimenté par un adaptateur secteur, connecté en Ethernet (ou Wifi), dont le seul rôle est de récupérer les données de l’ISS en continu et de les envoyer vers le cloud de Davis Instrument, sur weatherlink.com. C’est ce module qui permet de consulter ses données à distance sans dépendre d’un ordinateur allumé en permanence.
À partir de là, deux chemins possibles :
- Le cloud : la console ou le WeatherLink Live envoient tout vers weatherlink.com, et on consulte ensuite via le site ou l’application. C’est la solution la plus simple à mettre en œuvre.
- Le local : avec l’ancienne console, on peut brancher un data logger USB sur un PC. Le logiciel Windows fourni par Davis pour ça est franchement dépassé — j’ai essayé, entre problèmes de driver et interface d’un autre âge, je pense qu’il faut l’oublier. La bonne solution locale, c’est WeeWX, un logiciel libre très bien fait (développé en Python par l’Américain Tom Keffer), que j’ai fini par installer sur un Raspberry Pi — j’en parle en détail dans l’article dédié.
À cela s’ajoute un troisième équipement Davis Instrument que j’ai également : l’Airlink, un module de mesure de la qualité de l’air (particules PM1, PM2.5 et PM10), qui se connecte en Wifi et remonte lui aussi ses données sur weatherlink.com, en complément des données météo.
L’historique et le budget
- Mars 2022 : achat du pack Vantage Pro 2 (station + console + WeatherLink Live) chez Météo Shopping, pour environ 900 €.
- Mars 2022, dans la foulée : achat du data logger USB (180 €) pour tester la solution locale sur PC — abandonné assez vite, comme expliqué plus haut.
- Avril 2022 : ajout du module Airlink pour la qualité de l’air, 190 €.
- Fin 2023 / début 2024 : découverte de WeeWX, installation sur Raspberry Pi, d’abord sur simple carte SD, puis consolidée sur un SSD de 130 Go — largement suffisant vu la faible taille de chaque enregistrement, malgré une fréquence de mesure très élevée (l’ISS émet environ toutes les 2,5 secondes).
- Plus récemment : ajout du skin Belchertown pour une présentation web plus soignée des données.
Soit un peu plus de 1 270 € de matériel Davis Instrument à ce jour. Ce n’est pas donné, mais après 3 ans d’utilisation sans le moindre souci, je trouve que ça se justifie.
L’installation : un montage qui n’a pas bougé depuis 3 ans
J’ai installé la station sur ma toiture terrasse, sur un socle en bois que j’ai fabriqué moi-même et lesté avec des blocs de pavé ciment, avec une structure en bois sous le gravier pour bien répartir l’assise. Trois ans, plusieurs tempêtes et coups de vent plus tard (on atteint facilement 80 km/h l’hiver ici), rien n’a bougé.
Quelques points pratiques retenus de l’installation :
- Orientation : plein sud, sans arbre ni ombrage à proximité — important pour le petit panneau solaire de l’ISS.
- Hauteur : le manuel recommande environ 1,50 m du sol pour l’anémomètre ; le mien est un peu en dessous de cette référence par rapport à ma terrasse, mais si on compte depuis le jardin en contrebas, on est plutôt à 4 m de hauteur.
- Portée radio : Davis annonce jusqu’à 100 m pour la liaison à 868 MHz ; chez moi la distance est plutôt de 40 m, à travers une dalle béton, sans jamais un problème de réception en 3 ans.
- Montage : rien de très compliqué. Le mât en bois était un peu trop carré pour le collier de fixation, j’ai dû le raboter légèrement pour l’arrondir. Les pics anti-oiseaux fournis se clipsent facilement sur le pluviomètre.
- Entretien : à peu près le seul vrai point de vigilance, c’est le pluviomètre — la mousse et les débris (petits morceaux de feuilles) qui s’y accumulent peuvent fausser la mesure en ralentissant l’écoulement de l’eau. Un nettoyage régulier suffit ; le godet du pluviomètre se démonte facilement.
Côté maison, les équipements sont répartis sur trois pièces : dans le garage, l’ancienne console avec son data logger USB, reliée au Raspberry Pi qui fait tourner WeeWX ; dans le salon, le WeatherLink Live, branché en Ethernet ; dans la cuisine, la nouvelle console Weatherlink, qui elle intègre directement l’affichage de la qualité de l’air (Airlink) — un vrai plus par rapport à l’ancienne console, qui ne l’affiche pas.
Weatherlink.com et l’application iPhone
Une fois la station déclarée sur weatherlink.com (compte gratuit pour commencer), on retrouve toutes les données en direct : vent (vitesse, rafales, direction à la boussole), température intérieure et extérieure, humidité, pression, pluie cumulée, index UV, rayonnement solaire, et qualité de l’air si l’Airlink est déclaré. L’interface est personnalisable : on choisit quels modules afficher et dans quel ordre.
Les graphiques sont un des points forts du site : on peut choisir une période (2 semaines, 1 mois, 1 an…) et visualiser l’évolution de n’importe quelle mesure. Je m’en suis servi par exemple pour essayer de croiser la direction du vent avec le niveau de particules fines — sans trouver de corrélation vraiment nette, ceci dit. Weatherlink permet aussi d’exporter les données et de générer des rapports mensuels au format NOAA en PDF, pratiques à archiver ou à republier ailleurs.
Autre fonctionnalité sympa : une carte des stations Davis Instrument à proximité. Il n’y en a pas énormément en Bretagne (une du côté de Quimperlé, une autre vers Pont-l’Abbé, une à Belle-Île), alors qu’on en trouve beaucoup plus au Royaume-Uni ou dans le nord de l’Italie.
Côté résolution des données : le compte gratuit consolide les mesures toutes les 15 minutes. Pour descendre à 5 minutes, il faut passer sur l’abonnement Pro, autour de 40 € par an — un choix que j’ai fait, mais qui n’est clairement pas indispensable pour un usage occasionnel.
L’application iPhone Weatherlink reprend exactement les mêmes données que le site web, dans une présentation très soignée : synthèse du jour, prévisions à 7 jours et heure par heure, graphiques de température, de pluie, de vent avec boussole, d’UV (avec l’échelle de risque associée) et de rayonnement solaire — ce dernier m’intéresse particulièrement puisqu’il me permet de mettre en regard l’ensoleillement réel et la production de mes panneaux photovoltaïques. Le tout consultable en mobilité, sans avoir besoin d’ouvrir un ordinateur.
Bilan après 3 ans
Une station qui n’a pas bougé d’un centimètre malgré les tempêtes, une réception radio irréprochable malgré une dalle béton sur le trajet, et des données qui remontent en continu sans interruption. Le seul vrai entretien, c’est le nettoyage occasionnel du pluviomètre. Pour qui veut suivre sa météo locale sérieusement — et éventuellement croiser ça avec une installation solaire, comme c’est mon cas — la Vantage Pro 2 tient largement ses promesses.
Pour le détail de la configuration locale (WeeWX, skin Belchertown, publication vers Wunderground, PWS Weather, Météo Bretagne…), voir Observations Météo avec la station Vantage Pro 2.
